 38 °C, 39 °C, 40 °C… Tous les parents partagent cette crainte : celle de voir la température de leur enfant monter. L’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et la Société française de pédiatrie ont édité une série de recommandations afin de savoir comment réagir quand le thermomètre grimpe.
Un phénomène naturel
La fièvre n’est pas une maladie. C’est une réaction naturelle de l’organisme face à une agression. Il peut s'agir d'une agression interne (poussées dentaires, très banales, rhumatismes, très exceptionnels) ou externe (excès de chaleur durant la canicule notamment, infection due à un germe, virus, bactérie...).
La fièvre est le plus souvent sans gravité. C’est un signe parmi d'autres, et c'est en prenant compte de tous ces signes (appétit, tonicité, humeur...) qu'il faut agir.
Bien prendre la température
Avant 3 ans, seule la prise par voie rectale est efficace. La voie rectale n'est pas irritante, sauf si, bien sûr, vous preniez trop souvent la température de votre enfant... Or, rappelons-le, on ne prend la température que si l'enfant paraît malade.
Choisissez un thermomètre électronique à bout fin ; pratique, un signal indique, au bout d'une soixantaine de secondes, que la prise est finie.
Les bons réflexes face à la fièvre
Avant de donner un médicament pour faire baisser la fièvre, quelques gestes peuvent parfois suffire à faire baisser le thermomètre :
- faire boire l’enfant régulièrement
- ne pas trop chauffer la chambre (l’idéal étant une chambre à 19 °C)
- enlever les couches superflues de vêtements et de couverture afin que la chaleur puisse s’évacuer, en veillant toutefois à ce que l’enfant ne prenne pas froid.
Auparavant, on conseillait de donner un bain tiède (d’une température inférieure de 2 °C par rapport à celle de l’enfant) pour faire tomber la fièvre. Les nouvelles recommandations ne conseillent plus de le faire, car souvent, ce bain augmente le mal-être de l’enfant. En revanche, si l’enfant aime le bain, si celui-ci le calme, le réconforte, on peut tout à fait lui donner.
Quand traiter la fièvre ?
On considère qu’un enfant a de la fièvre lorsque sa température dépasse 38 °C, mais généralement, les médecins conseillent de traiter seulement à partir de 38,5 °C. Tout dépend de la réaction, physique mais aussi comportementale, de l’enfant face à cette fièvre. Si l’enfant supporte bien la fièvre, il n’est pas nécessaire de la traiter. En revanche, s’il est grognon, s’il pleure, s’il est nerveux ou au contraire amorphe, il faut le soulager.
Une consultation chez le médecin s’impose dans certaines situations :
- l’enfant paraît mal la supporter (pâleur, somnolence, tremblements, pourtour de la bouche bleue…)
- la fièvre dure plusieurs jours
L'hospitalisation est indispensable dans les cas suivants :
- il s’agit d’un nourrisson de moins de 3 mois. L'hospitalisation est nécessaire afin de diagnostiquer la cause de cette fièvre, car, à cet âge, les causes non infectieuses sont rares.
- la fièvre est supérieure ou égale à 41 °C.
Les médicaments contre la fièvre
Avoir un antipyrétique dans son armoire à pharmacie est indispensable lorsque l’on a un enfant à la maison. Si ces médicaments soulagent l’enfant en faisant diminuer la fièvre, sachez toutefois qu'ils n'en guérissent pas l'origine. Rappelons également que les antibiotiques n’ont aucun effet direct sur la fièvre.
Trois types de médicaments sont utilisés en cas de fièvre chez l'enfant :
- le paracétamol, médicament le plus utilisé face à une fièvre
- l’ibuprofène et le kétoprofène (sur ordonnance) sont des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- l’aspirine, beaucoup moins utilisé depuis quelques années chez l’enfant. C’est également un AINS.
Attention : chez le nourrisson de moins de 3 mois, seuls le paracétamol et l’aspirine peuvent être prescrits. Evitez l’aspirine ou les AINS en cas de varicelle, de déshydratation de l’enfant (vomissements, diarrhées), de pathologie du foie ou des reins, et devant une maladie d’allure grippale.
Ces médicaments sont proposés sous différentes galéniques (présentation) : sirop, suppositoires, sachets… Le suppositoire a l'avantage d'être gardé par l'enfant, contrairement aux suspensions buvables et au sirop, que l'enfant peut recracher ou régurgiter.
Ils existent en outre sous différents noms. Avant de donner un médicament à votre enfant, vérifiez qu’aucun autre antipyrétique ne lui ait été administré.
Chez les tout-petits, le dosage varie en fonction du poids ; reportez-vous aux prescriptions du médecin, ou, le cas échéant, consultez la notice. Respectez également le délai entre les prises : généralement toutes les 4 à 6 heures, soit 4 à 6 prises par 24 heures.
Et les convulsions ?
Tous les parents les redoutent : les convulsions. Pourtant, celles-ci sont rares (moins d'un enfant sur 20, et avant l'âge de 4 ans).
Lors d'une crise de convulsions, l'enfant perd connaissance. Il est secoué par des spasmes musculaires généralisés : il agite ses bras, ses jambes de façon saccadée et involontaire. Au bout de quelques minutes, il retrouve son état normal.
Que faire ? Durant la crise, rien malheureusement. Elle est si brève, et si impressionnante pour les parents qu'il est difficile, voire illusoire, d'agir. Surtout, n'essayez pas de lui donner de l'eau ; il risquerait de s'étouffer. Après une crise en revanche, il est important de consulter immédiatement un médecin pour s'assurer que la fièvre ne résulte pas d'une autre affection sérieuse.
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